Un fléau silencieux en Île-de-France
Le cancer du poumon est la première cause de décès par cancer chez les hommes et la deuxième chez les femmes en Île-de-France. Chaque année, 6 100 nouveaux cas sont diagnostiqués et 4 300 décès sont recensés. Pourtant, 90 % des patients guérissent si la maladie est détectée à un stade précoce, alors que le taux de guérison n’est que de 15 % pour les diagnostics tardifs.
Dans les départements comme la Seine-Saint-Denis ou le Val-d’Oise, jusqu’à 36 % de la population fume quotidiennement, et l’accès aux scanners thoraciques y est 2,5 fois moins important qu’à Paris. Résultat … Des diagnostics trop tardifs, et des vies perdues.
Caminor : le dépistage mobile du cancer du poumon qui va à la rencontre des plus précaires
Pour briser ces inégalités, le projet Caminor, piloté par les Pr Gérard Zalcman et Pierre-Yves Brillet, propose une solution : des unités mobiles (camionnettes et barnums) installées dans les lieux de vie (marchés, mairies, centres commerciaux). Gratuit et rapide, le parcours comprend :
- Un questionnaire pour évaluer l’éligibilité (âge, tabagisme).
- Des tests sur place : spirométrie et mesure du monoxyde de carbone.
- Un scanner thoracique sous 8 jours dans l’hôpital partenaire le plus proche pour les personnes à risque.
Inspiré par des modèles britanniques qui a déjà fait ses preuves : en installant des unités mobiles sur des parkings de supermarchés, le Royaume-Uni a réussi à toucher des populations précaires et fumeuses, habituellement éloignées du système de santé.
En France, il y a déjà deux projets qui sont menés à bien, avec des résultats très probants. Dans la région PACA et en Rhône-Alpes, des opérations de dépistage sont menées dans la population grâce à un camion. Les candidats au dépistage passent environ dix minutes dans le camion et en ressortent avec leur ordonnance et leur convocation de scanner à la main.
Un enjeu de santé publique
Pour le Pr Gérard Zalcman, chef du service d’oncologie thoracique à l’hôpital Bichat, le dépistage précoce change tout : « La survie à cinq ans est strictement corrélée au stade de détection. Identifié tôt, sous la forme d’un nodule isolé, le cancer du poumon guérit dans plus de 90 % des cas par la chirurgie. À l’inverse, détecté tardivement, ce taux chute à 15 %. Avec Caminor, nous apportons une réponse scientifique à une inégalité territoriale : nous allons chercher ces 90 % de guérison là où les patients restaient jusqu’alors hors des radars du dépistage ».
648 000 Franciliens sont éligibles à ce dépistage. Grâce à Caminor, ils pourront bénéficier d’un accès simplifié et rapide à un diagnostic qui peut leur sauver la vie.
La Fondation de l’AP-HP appelle à la mobilisation
A l’occasion de la journée mondiale du cancer le 3 février 2026, une campagne d’appel à dons est lancée. Les dons visent à financer des projets comme Caminor, mais aussi la recherche, l’innovation et l’acquisition d’équipements pour lutter contre le cancer.
Gwénolée Abalain, Directrice Générale de la Fondation, souligne :
« Notre rôle de fondation hospitalière est de donner aux équipes soignantes les moyens d’accélérer l’innovation, pour lutter encore plus contre les effets dévastateurs du cancer. Favoriser le dépistage et réduire les disparités, comme le propose Caminor est un bon exemple des initiatives que nous pouvons mettre en place pour briser les barrières géographiques et sociales. »
L’enjeu du cancer en France
En France, le nombre de nouveaux cas de cancer a augmenté chaque année, passant de 300 000 à 380 000 par an en 20 ans. Cette hausse s’explique notamment par le vieillissement de la population et l’amélioration du dépistage pour certains cancers.
Grâce aux progrès diagnostiques et thérapeutiques, le taux de guérison a atteint environ 60 %. Cependant, certains cancers restent de mauvais pronostic, avec des survies inférieures à 5 ans, comme le cancer du pancréas ou du cerveau.
Les cancers les plus fréquents sont ceux de la prostate, du sein, du côlon-rectum et du poumon.
Aujourd’hui, on estime pouvoir guérir environ 60 % des cancers.
Sources : Institut national du cancer, Santé Publique FranceLe cancer à l’APHP
La cancérologie est une activité majeure pour l’AP-HP à la fois dans les domaines du soin, de la recherche et de l’enseignement. L’AP-HP prend en charge un tiers des patients atteints de cancer en Île-de-France, quel que soit leur âge, le type ou le stade de leur maladie. Cette prise en charge repose sur une expertise pluridisciplinaire et une permanence des soins sans interruption, garantissant un accompagnement adapté à chaque situation.
Trois instituts de l’AP-HP ont obtenu la certification Comprehensive Cancer Center(label européen d’excellence) :
- l’Institut du Cancer Paris CARPEM,
- l’Institut Universitaire de Cancérologie,
- l’Institut du Cancer AP-HP Nord.
Par ailleurs l’AP-HP compte 4 Sites de Recherche Intégrée sur le Cancer (dont 3 dédiés aux adultes et 1 à la pédiatrie) labellisés par l’Institut National du Cancer (INCa).
Grâce à son réseau de structures et à ses programmes nationaux, l’AP-HP s’impose comme un acteur clé de la recherche en cancérologie, qu’elle soit clinique, translationnelle ou fondamentale. Cette dynamique permet aux patients d’accéder rapidement à des traitements innovants, dès les phases précoces de leur développement.Les innovations thérapeutiques en médecine personnalisée connaissent un essor sans précédent, avec des indications de plus en plus nombreuses. Bien qu’efficaces, ces traitements restent très coûteux. L’AP-HP relève pleinement ce défi, en s’engageant résolument dans la médecine personnalisée du cancer.
Soutenir cette innovation est essentiel : c’est pourquoi elle figure parmi les Grandes Causes portées par la Fondation de l’AP-HP.