Journée mondiale d’action pour la santé des femmes: pour une médecine plus juste et plus inclusive

En ce 28 mars, la Journée mondiale d’action pour la santé des femmes est l’occasion de rappeler une réalité encore trop souvent sous-estimée : les inégalités de santé entre les femmes et les hommes persistent, tant dans la recherche médicale que dans les parcours de soins.

Une médecine historiquement pensée au masculin

Pendant longtemps, la médecine s’est construite autour d’un modèle masculin considéré comme universel. Les essais cliniques, les protocoles de recherche et même l’enseignement médical ont largement été pensés à partir du corps masculin, reléguant les spécificités biologiques, hormonales et physiologiques des femmes au second plan. Si les pratiques évoluent aujourd’hui, les conséquences de cet héritage restent profondes : symptômes moins bien identifiés, douleurs minimisées, diagnostics plus tardifs ou encore pathologies insuffisamment reconnues.

Mieux comprendre les maux des femmes pour mieux les prendre en charge

Ces inégalités ont des conséquences très concrètes sur la santé des femmes. Les maladies cardiovasculaires en sont un exemple frappant. Elles constituent aujourd’hui la première cause de mortalité chez les femmes et provoquent près de 75 000 décès féminins chaque année en France. Pourtant, leurs symptômes peuvent différer de ceux observés chez les hommes et restent encore trop souvent sous-estimés. Fatigue intense, essoufflement, douleurs diffuses, nausées ou sensation d’oppression sont parfois mal interprétés ou attribués à d’autres causes, retardant la prise en charge.

Le cancer du sein demeure quant à lui le premier cancer féminin en France, avec plus de 61 000 nouveaux cas chaque année. Face à cet enjeu majeur de santé publique, les équipes de l’AP-HP développent des approches toujours plus personnalisées : dépistage précoce, chirurgie moins invasive, reconstruction mammaire, préservation de la fertilité ou encore amélioration du parcours patient. L’objectif est double : augmenter les chances de guérison tout en préservant la qualité de vie des patientes.

L’endométriose illustre également les difficultés persistantes de reconnaissance des pathologies féminines. Cette maladie chronique touche aujourd’hui une femme sur dix. Malgré des douleurs souvent invalidantes, elle reste encore diagnostiquée après plusieurs années d’errance médicale. Première cause d’absentéisme scolaire et professionnel chez les femmes concernées, elle peut également entraîner des troubles de la fertilité, une fatigue chronique et un impact majeur sur la santé mentale et la vie quotidienne.

Innover et accompagner : la mobilisation de l’AP-HP et de sa Fondation

Au-delà de ces pathologies, la question de la santé des femmes soulève un enjeu plus large : celui d’une médecine mais plus représentative, plus attentive aux différences biologiques et mieux adaptée aux besoins spécifiques des patientes. Cela implique de renforcer la recherche clinique, d’aimer la sensibilisation des professionnels de santé et de faire évoluer les parcours de soins.

Au sein des hôpitaux de l’AP-HP, de nombreuses équipes se mobilisent déjà pour faire progresser la prise en charge de ces pathologies et développer des approches plus adaptées aux femmes. La Fondation de l’AP-HP soutient également les Maisons des Femmes de l’AP-HP, véritables lieux d’accompagnement, de soin et de reconstruction pour les femmes victimes de violences.

Grâce à la générosité de ses mécènes et donateurs, la Fondation de l’AP-HP contribue à soutenir ces projets, accélérer la recherche et faire progresser une médecine plus juste et plus adaptée aux besoins des femmes.

Parce que le droit à la santé passe aussi par une meilleure reconnaissance de la santé des femmes.